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Zulma, Zulma, Zulma

Zulma, c’est cinq personnes, tout juste. Cinq individus passionnés. Poussés par un goût de lire, un désir (furieux) de défendre une certaine idée de la littérature, la volonté (farouche) de publier de vrais livres.” (*)

Zulma , la maison d’édition aux couvertures graphiques a tout compris :

- des ouvrages papier précieux et originaux, grâce à un partenariat avec David Pearson (le designer qui signe entr’autres les couvertures des Pocket Penguins).

Zulma

zulmaZulma, davis pearson

-Un site internet (♥♥♥) qui va au delà du simple catalogue… En quelques minutes, grâce à  des jeux littéraires inspirés d’Hubert Haddad, on se retrouve avec son propre texte; il a le charme des petits objets qu’on fabrique soi même, et un hermétisme décousu digne des meilleurs surréalistes.

Jugez en  par vous même :
Ce masque imbécile n’aurait pas écorché pas le regard de ceux qui me croisaient. Chaque jour, les visites se faisiaent plus nombreuses. Pourtant, personne n’avait saisi en plein vol ma personnalité.. Maman traçait son nom dans le sable. Quand elle observait le ciel, elle inventait une histoire à chaque nuage.. Elle berçait mes trois frères, leurs démons et leurs cauchemars.. Il est un fou, je suis un espion.. Nous sommes deux gladiateurs ; entre nous les frontières sont minces, mais infranchissables. Ils s’assemblaient comme un cheval et son cavalier, comme un disciple et son maître.. Ils aimaient tous deux l’odeur de la mer, ce mélange de sable de sel et de paresse. Parfois, dans l’étang de son regard stagnaient les eaux de sa mémoire.. Son mariage blanc planait comme une ombre sur sa vie...”

La Vie rêvée des plantes

Pour ce premier article, de la littérature coréenne pleine de pathos !
Après plusieurs années d’exil, Kihyon, la trentaine, est revenu dans la maison familiale. Ce n’est que là qu’il a découvert ce qui était arrivé à son frère. Ce roman, en trois mots, c’est des arbres, une famille et des secrets… une formule coréenne pour un roman sinueux. Ceux qui ont en tête les atmosphères du cinéma coréen* contemporain n’auront aucun mal à imaginer la couleur de ce roman pudique et torturé.
lee seung-u

« Les critiques disent que j’évolue lentement de l’abstraction vers le figuratif, du spirituel vers le matériel. La vie rêvée des plantes est, de tous mes romans, celui qui contient le plus d’éléments concrets. » (Lee Seung-U, sur le site de son éditeur) Après les dix premières pages, ça, on veut bien le croire. L’entrée en matière est crue : Kihyon, en voiture, rabat une prostituée et la conduit dans un motel. Pas pour lui mais pour son frère aîné, Uhyon, amputé des deux jambes après avoir sauté sur une mine pendant son service militaire. Kihyon s’en occupe pour éviter à sa mère de l’emmener au bordel sur son dos, comme elle le faisait par le passé, et surtout parce qu’il a une dette envers son frère.

Lee Seung-U n’évolue pas de l’abstrait vers le concret : il jongle avec les symboles et les intègre à un récit bien ancré dans la réalité. Le temps du roman est celui des fautes et des secrets : une narration fragmentée, avec beaucoup de retours en arrière, et des récits enchâssés. Le temps est aussi, bien évidemment, celui de l’amour et de la quête. La phrase à retenir du roman : « Les arbres sont l’incarnation d’amours brisées… ». Ces arbres jalonnent l’œuvre, comme des personnages à part entière : ils sont les éléments qui permettent de passer du réel à la mythologie, du rêve à la vie. Jusqu’à se demander si certains personnages ne seraient pas eux-mêmes des arbres.

Le temps d’acclimatation au roman risque d’être plus ou moins long selon la sensibilité de chacun… Cependant La vie rêvée des plantes vaut la peine que l’on s’y attarde ; une fois dans ses profondeurs, on quitte la Corée pour un endroit paradisiaque et hors du temps. La formule est simple et efficace : de l’amour et de la culpabilité. Chaque personnage a ses raisons d’agir, obscures. Toutes les questions qui naissent, l’auteur y répond au compte goutte, jusqu’à la dernière page : pourquoi Kyhon est parti et pourquoi se sent-il coupable ? qu’est-il réellement arrivé à Uhyon ? quels secrets cachent les parents des deux frères ? Autant de réponses qui s’abritent à l’ombre de la vie rêvée des plantes …

… aux  divines éditions Zulma

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Pour le côté glauque et les courses poursuites, même si le fond n’a rien à voir

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Pour les histoires de famille et le pathos !

Vous pouvez aussi consulter cet article sur l’impertinent Ubikuity.fr !